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Le label commerce équitable : quel contrôle, quelle garantie ?

Max Havelaar, Artisans du monde, Alter Eco... Ces marques nous sont familières. Mais que garantissent-elles ? Si leur point commun est évidemment le commerce équitable, comment être sûr de cette équité ? A défaut de réglementation officielle du commerce équitable, ses acteurs ont mis en place des certifications et des labels. Issus de deux systèmes de garanties : l’un s’attache au produit, l’autre à l’organisation.

Si les labels du commerce équitable sont désormais plus ou moins connus, leur fonctionnement et ce à quoi ils s’appliquent le sont nettement moins. En réalité, deux types de labellisations s’appliquent à deux facettes de la filière équitable : les produits et les organisations.


Des labels pour les produits
Le système de garantie le plus connu est bien évidemment celui des labels affichés sur nos produits de consommation courante comme le café, le thé, le chocolat, etc. Fairtrade Max Havelaart, Ecocert Equitable et les autres, selon leur propre référentiel, certifient le caractère équitable d’un produit, la plupart du temps issu des filières conventionnelles de l’agro-alimentaire. Un premier contrôle est effectué chaque année chez les producteurs du Sud. Les inspecteurs vérifient que les standards internationaux sont bien appliqués : regroupement en coopérative, conditions de travail des employés, respect de l’environnement, etc. Les autres parties impliquées, importateurs et distributeurs non spécialisés dans le commerce équitable, doivent, eux, respecter le cahier des charges de l’organisme sollicité (conditions de travail, paiement d’un prix juste, etc.). Ils s’engagent également à s’approvisionner auprès de producteurs du Sud certifiés par le même organisme de labellisation. Ces acteurs peuvent ensuite apposer le logo du label sur leurs produits, vendu en grande surface essentiellement. Pour assurer au consommateur des garanties fiables, il importe que le certificateur soit indépendant et agréé par les pouvoirs publics, comme c’est le cas pour Flo-Cert ou Ecocert.

 

"Aujourd’hui, notre label est reconnu par le consommateur. Il s’agit du seul label du commerce équitable de dimension mondiale", explique Joaquin Muñoz, directeur général de Max Havelaar. Impossible donc d’envisager le paysage du commerce équitable sans cette filière labellisée. Les distributeurs spécialisés comme Alter Eco et Ethiquable, vendus en grande surface, la privilégient.



Des garanties sur les organisations
Avec le deuxième système de garantie, pas de certificateur, ni de label mais une vision plus globale visant à reconnaître les structures dont l’activité principale est le commerce équitable. Elle est essentiellement mise en œuvre par la World fair trade organization (WFTO) ou l’European free trade association (EFTA). Une fois membre de cette fédération internationale, la structure est reconnue en tant qu’organisation de commerce équitable (OCE). Mais pour arriver jusque-là, la future OCE doit réaliser un rapport d’auto-évaluation, qui sera ensuite soumis aux autres membres de la WFTO. Un processus à renouveler tous les deux ans. Après avoir été reconnue par ses pairs, l’OCE peut utiliser la marque de la WFTO dans ses campagnes de communication mais pas sur ses produits. Non pas concurrent mais davantage complémentaire du système "produit", celui-ci s’adapte plus particulièrement aux petites filières de produits artisanaux.
Les acteurs de la filière dite intégrée, comme Artisans du Monde, qui pratiquent le commerce équitable en dehors de la grande distribution, sont particulièrement friands de ce système de garantie.

 

"A l’origine, pour le consommateur, le fait d’acheter un produit dans un magasin spécialisé de commerce équitable était une garantie en soi", peut-on lire sur le site Internet d’Artisans du Monde. "Mais aujourd’hui, face à la multiplication des acteurs, nous devons également afficher nos garanties. Les deux systèmes "produits" et "organisations" sont donc présents chez nous, complétés par notre propre vérification. Régulièrement, nous envoyons nos membres sur le terrain afin de constater par nous-mêmes l’adéquation entre les pratiques des producteurs et les principes du commerce équitable », précise Gérald Godreuil, responsable garantie chez Artisans du Monde.


Au final, pour le consommateur, ces deux systèmes peuvent se différencier par le lieu d’achat : les produits labellisés, aisément identifiables, seront davantage disponibles dans les grandes surfaces, souvent plus accessibles que les magasins spécialisés. Et dans ces derniers, logo ou pas, l’ensemble des produits sont garantis 100 % équitables.



 

 
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