COMPRENDRE
Consommer équitable au quotidien
En 2009, un Français sur trois a consommé au moins un produit équitable. Mais la dépense moyenne de ces consommateurs reste faible, autour de 15,90 euros par an (Source Max Havelaar). Le temps fort de consommation, c’est le petit déjeuner : café, cacao, thé, jus d’orange et sucre sont les produits équitables les plus achetés dans le monde.
Mais les produits transformés (biscuits sucrés et salés, pâte à tartiner, compotes, glaces, céréales précuites etc.) ont eux aussi peu à peu conquis les linéaires. Se régaler à l’équitable est donc possible tout au long de la journée. Y compris en cas d’envie d’un petit remontant. Elue « meilleure vodka de l’année 2009 » aux prestigieux New York Spirits Awards, la FairVodka a fait une entrée remarquée. Côté menus du midi et du soir, l’offre reste cantonnée aux produits d’importation classiques – céréales diverses, épices et fruits exotiques. Mais pour stimuler les cuisiniers en herbe, les marques ne sont pas à court de recettes. Ethiquable a même lancé le site web cuisinez.ethiquable.coop. Surfant sur la mode du naturel et du bio, les nouvelles chaînes de restauration rapide fast good, comme Exki ou Cojean et quelques restaurants indépendants, mettent aussi leur carte à l’équitable. Et, cerise sur le gâteau, vous aurez la chance de siroter café, thé et chocolat équitables dans la plupart des hôtels et restaurants du groupe Accor.
Et au bureau, la pause est-elle équitable ?
Au-delà du café labellisé dans les distributeurs et à la cafeteria, les administrations publiques et les grandes entreprises bougent. Mais à petits pas. Près d’un salarié sur deux (48 %) souhaite que son entreprise propose des produits issus du commerce équitable… alors que 16 % seulement des décisionnaires achats des entreprises déclarent y avoir recours (Source : étude TNS Sofrès 2009).Résultat : la restauration collective n’en est qu’à des balbutiements. « Les directions des achats de Sodexho, Avenance et Eurest ont plus de 200 références de produits au catalogue, mais cela reste au bon vouloir du client, soit de la collectivité acheteuse. Au mieux elles proposent l’organisation d’animations pendant la quinzaine du commerce équitable », déplore Adeline Cœur responsable des partenariats entreprises chez Max Havelaar. En clair, les leviers de croissance existent. D’après Joaquin Munoz, directeur de l’association Max Havelaar France, la consommation équitable pourrait être multipliée par trois d’ici 2013.
Les défis de la consom’action
Si l’alimentaire tire son épingle du jeu, « l’équitable », c’est aussi du textile, des cosmétiques, de l’artisanat. Mais sur ces secteurs, les ventes peinent à décoller, contrairement au bio ou au durable. Les français succombent plus facilement à la dimension environnementale lorsqu’ils achètent un produit. Pourquoi ? « Ils en entendent parler depuis 30 ans, explique Jean-Pierre Loisel, sociologue à l’Institut national de la consommation. Le Grenelle et la question du changement climatique ont été clairement médiatisés, et surtout c’est un sujet en lien direct avec sa qualité de vie, sa santé et celle de ses enfants ». Résultat, les grandes enseignes de textile boudent par exemple le coton équitable. Quelques jeunes marques tirent cependant leur épingle du jeu comme Idéo, Tudo Bom ou encore les Fées de Bengale. Si trouver les produits équitables n’est pas toujours simple, internet pourrait en faciliter l’accès. Surtout pour l’alimentaire. Les neufs cybermarchés les plus visités (Ooshop.com, Auchandirect.fr, Monoprix.fr, Coursesu.com, Simplymarket.fr, Houra.fr, Coursengo.com et Telemarket.fr) offrent un certain choix de produits équitables. En outre, la présence de produits équitables sous marques distributeurs (MDD) donne un nouveau souffle à la consommation équitable en proposant aux consommateurs une version équitable à prix plus abordables.


